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Bon, on s'attaque au sérieux, là. 1200 pages (en grand format, en deux tomes de respectivement 630 et 570 pages). Et évidemment, beaucoup plus (et toujours en deux tomes) en poche. Under The Dome, titre français, Dôme, roman que Stephen King envisagera dans un premier temps dans les années 70 (le premier chapitre date à peu près de cette période, même s'il fut refait par la suite) sous le même titre, avant de l'abandonner (il perdra les quelques pages de manuscrit par la suite) et de le reprendre, sous le titre The Cannibals, dans les années 80. Il en écrira bien plus de pages (dans les 200), mais perdra là aussi le manuscrit (ben alors, Stevie ? T'étais encore bourré ?) après avoir abandonné, encore une fois, le projet. Ce n'est qu'au milieu des années 2000 qu'il reprendra le projet à zéro, pour la troisième...et dernière fois. Le roman sortira en 2010 (chez nous), un an après sa sortie américaine. En 2013, une adaptation en sera faite en série TV (même titre que le titre original du roman), diffusée il y à quelques mois sur M6. La saison 2 sera diffusée courant 2014, en été, aux USA, puis le sera chez nous, évidemment. Mais reparlons du livre, car je pense que je parlerai ici un de ces jours de la série TV.

L'histoire : Chester's Mill, petite ville du Maine. Une petite ville tranquille, même s'il se passe, sous la surface, deux-trois choses pas très catholiques. Mais tout ceci va voler en éclat le jour où, subitement, une gigantesque barrière invisible et magnétique s'abat sur le périmètre autour de la ville, l'enfermant littéralement sous une sorte de cloche transparente, hermétique, en forme de dôme. Rien ne peut la détruire, pas même un missile de l'armée. Les habitants se retrouvent enfermés dans la ville, et progressivement, deux clans vont se former, entre les partisans de l'ordre absolu, dirigés par le second Conseiller (sorte de maire adjoint) de la ville, 'Big' Jim Rennie (un vendeur de voitures rusé et très croyant, et à la réputation douteuse, mais au fort charisme), et des habitants n'appréciant clairement pas que Rennie se mette, tranquillement mais sûrement, à transformer Chester's Mill en petite dictature. L'un d'eux, Dale 'Barbie' Barbara, cuisinier dans un des restaurants de la ville, et ancien militaire, entend bien empêcher Rennie de prendre le contrôle de la ville, et le forcer à se soumettre à l'autorité militaire qui, à l'extérieur du Dôme, tente le possible pour faire disparaître ce champ magnétique inconnu et indestructible. Mais on va glisser des bâtons dans les roues de 'Barbie'...

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On reprochera à Dôme d'être très long, et il s'agit en effet du troisième roman le plus long de King après Ca et la version complete du Fléau. En France, seuls deux de ses romans (Ca et Dôme) sortiront, en grand format, en deux tomes (même la version longue du Fléau tiendra en un seul lourd volume). Certes, 1200 pages, c'est long, mais en même temps, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'en dépit d'un final un peu banal (la conclusion de l'histoire, comment le Dôme finit par disparaître, en frustrera quelques uns, ça semble, sinon bâclé, du moins un peu expédié et facile ; je ne dirai pas dans les détails en quoi consiste cette fin, il faut lire le livre pour ça ; si vous avez vu la série TV, oubliez, c'est assez différent, dans l'ensemble, du livre), ce roman est excellent et qu'on ne s'ennuie pas. Autre reproche, cependant, avec le final un peu moyen : le roman, comme Le Fléau, est très manichéen, c'est très 'les gentils très gentils d'un côté, et les méchants très méchants de l'autre', sans grande originalité. La ville de Chester's Mill devient rapidement une sorte de version rurale et microcosme du monde de l'après-grippe du Fléau, quelque part. En même temps, quand on situe l'action dans une ville totalement fermée, où personne ne peut entrer ou sortir une fois le Dôme installé (et il apparaît dès les premières pages !), on voit les limites de l'histoire : soit on met les gens les uns contre les autres, soit on les unit tous contre une force extérieure qui, du Dôme, les attaquerait. King a choisi la première idée, apparemment.

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Les premiers chapitres sont parfois très courts, puis, au bout d'une dizaine, on arrive à des chapitres nettement plus longs, au point que dans le tome 2, on en a environ une dizaine seulement (ces chapitres sont découpés en sous-chapitres numérotés, comme très souvent chez King). On a, au début du tome 1, une carte sommaire de la ville et une liste des différents personnages, avec leurs attributions, liste et carte qui ne sont pas remis dans le tome 2, d'ailleurs (un détail). Une liste très longue, concernant les personnages, ce qui fait de ce roman un de ceux pour lesquels King a crée le plus de personnages (avec Salem, Le Fléau et Les Tommyknockers). Un travail d'écriture sans aucun doute difficile, épuisant, de la part d'un auteur qui, ici, en dépit de quelques facilités et d'un final décevant, s'est surpassé. Dôme, malgré ces quelques petits défauts qui m'empêchent de lui filer 10/10, est un grand cru, un de ses meilleurs opus probablement. D'ores et déjà un de ses plus cultes, aussi, que les fans attendirent avec impatience. Si vous en êtes un (fan), c'est, vous l'avez compris, essentiel. Quant au titre de l'article, c'est une citation d'une chanson folk de Jim McMutry, souvent citée dans le roman (et notamment en ouverture du roman), et qui dit C'est une petite ville, et tout le monde soutient l'équipe.

Scènes cultes : La marmotte et l'arrivée du Dôme ; Amanda Bushey passe un sale quart d'heure ; la découverte du 'générateur' ; le meeting ; dans le bunker de Big Jim

Note : 09/10