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Stephen King a achevé sa saga de La Tour Sombre en 2005 (2004 aux USA) avec un septième tome du nom de La Tour Sombre, justement. Cette saga de fantasy, il la tenait dans son crâne depuis le mitan des années 70, ayant imaginé cet univers parallèle teinté de western en s'inspirant à la fois de Tolkien, des westerns de Leone (pour le personnage et l'ambiance) et d'un long poème épique de Robert Browning (Le Chevalier Roland S'En Vint A La Tour Sombre) qu'il insèrera d'ailleurs en final du dernier tome, en appendice, histoire de dire c'est de là que je suis parti, et depuis le temps que j'en parle, il est temps pour celles et ceux qui ne l'ont encore jamais lu de rattraper cette erreur. Le premier tome (une collection de cinq nouvelles publiées en revues vers 1977/1980) fut publié aux USA en 1982, et en 1990 chez nous. Par la suite, en 1987, 1991, 1997, 2003, 2004 et 2004 (dates de publication U.S.), King livrera, parfois au compte-gouttes, la suite de la saga. Se rajoute à cela une longue nouvelle se trouvant dans le recueil Tout Est Fatal (de 2002 aux USA), Les Petites Soeurs D'Eluria, et, aussi, dans un sens, le roman Insomnie (1994) et la première partie du roman Coeurs Perdus En Atlantide (2001) qui ont de forts liens avec la saga (Territoires, de 2001, le tome 2 de son cycle du Talisman Des Territoires, cycle écrit en collaboration avec Peter Straub, aussi) En 2011, il écrit un petit roman qu'il publiera en 2012, directement en poche (chez nous, c'est chez J'Ai Lu, dans la même série que pour les sept tomes de la saga) : The Wind Through The Keyhole. La traduction française littérale serait 'Le vent dans le trou de serrure', mais le titre français, au final, est La Clé Des Vents.

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Ce petit roman ne fait même pas 300 pages (il les atteint presque, ceci dit) et est donc le tome 8 de la saga. Enfin, tome 8, c'est vite dit. Dans la préface, King préfère en parler comme du tome 4.5 de la série, et pour cause : ce qui se passe dans La Clé Des Vents se situe exactement entre le tome 4 (Magie Et Cristal) et le tome 5 (Les Loups De La Calla). Mais King précise aussi que l'on peut totalement lire ce livre séparément de la saga, ou même le lire sans avoir lu les autres (traduction : si vous ne connaissez pas la saga, nulle crainte de se sentir paumé, ça se lit sans problème), car ce que l'on trouve dans La Clé Des Vents n'est en réalité qu'une grande histoire contée par Roland, le Pistolero, à ses amis membres de son ka-tet (terme qui, dans la saga, désigne groupe de personnes liées par un même destin, le destin se disant aussi ka), pendant un soir de tempête, afin de passer le temps. Un peu comme Magie Et Cristal était constitué en majeure (très majeure !) partie par un long récit narré par Roland sur un épisode douloureux de sa vie ancienne, La Clé Des Vents en dévoile un autre (Roland, jeune Pistolero, traquant une bêté féroce ayant tout du loup-garou, afin de protéger les habitants des lieux), et se permet même une astuce : une histoire dans une histoire, laquelle est elle-même dans une histoire. En effet, dans ce souvenir que Roland raconte à ses amis Susannah, Eddie, Jake (et Ote), Roland leur parle d'un petit garçon à qui il raconte, à un moment donné, une histoire, un conte, celui de la Clé des Vents. Le roman est constitué de cinq parties : la première et la dernière montrent Roland et ses amis, la deuxième et la quatrième sont les deux parties de l'histoire du Garou, et la partie centrale, la plus épaisse, c'est la Clé des Vents.

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La Clé Des Vents, illustré comme l'ensemble de la saga, est une petite parenthèse dans la saga de La Tour Sombre. Un petit tome intermédiaire que les lecteurs de la saga auront le choix de lire soit entre les tomes 4 et 5 (ce qui occasionnera une petite bulle d'air), soit en final, une fois la saga achevée (ce qui ne me semble pas la meilleur solution, ne serait-ce que par continuité), tout ça pour dire à quel point ce roman est indépendant de la saga tout en en faisant partie. C'est très sympathique, mais un peu anodin, et la saga n'a pas besoin de ce petit livre supplémentaire pour être ce qu'elle est, à savoir un jalon dans l'oeuvre de Stephen King. Ca n'améliore pas la saga, ça ne l'empire pas non plus, c'est juste une sorte de bonus pour les fans, rien de plus (et comme on peut le lire sans connaître la saga, ça peut, aussi, donner envie de lire les autres tomes). Tout en espérant que King refasse un jour d'autres petits livres de la sorte, je ne peux m'empêcher d'avoir été déçu par La Clé Des Vents : King y fait certes preuve d'une belle imagination, et d'un sens du conte qui est vraiment réussi (on lit ce livre comme un conte), mais un fan de la saga aura juste le plaisir de retrouver le ka-tet au complet, et rien d'autre. Roland raconte à ses amis une bien belle histoire (deux, en fait), mais on n'apprend pas grand chose sur lui, mis à part ça (ce qui est logique, car compte tenu qu'on peut lire ce roman si on ne connaît pas la saga, autant ne rien dévoiler sur Roland qui soit important : ça risquerait de foutre en l'air le suspense si, après, on veut lire le reste du cycle, je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire ?). Enfin bref, La Clé Des Vents, petit roman bonus destiné avant tout aux fans, est loin d'être mauvais, au final, mais son intérêt est quand même limité.

Scènes cultes : Roland raconte l'histoire du Garou ; la Clé des Vents

Note : 07/10